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La moisissure et le rôle d’un système CVAC dans la prolifération de celle-ci


La moisissure et le rôle d’un système CVAC dans la prolifération de celle-ci

Categorie(s) :   Climapresse   Nouvelles  


Par Claudia Beaumier

 

Bien que la majorité des professionnels de l’industrie soient familiarisés avec la contamination fongique dans le domaine du CVAC, il va sans dire que les intervenants qui œuvrent plus spécifiquement dans le secteur de l’assainissement y sont particulièrement sensibles. Il est vrai que, par le passé, la CETAF a déjà traité de sujets liés de près ou de loin à cette facette du métier. Cependant, plusieurs aspects restent à démystifier davantage. C’est pourquoi une série d’articles abordera le sujet, en commençant par la base : qu’est-ce la moisissure? Quels sont les facteurs générant la prolifération de celle-ci et quel est son effet sur la qualité de l’air intérieur ainsi que sur la santé des occupants?

 

 

 


 

moisissure

Classification des microorganismes dans le monde des protistes

Ce n’est pas un secret, nous cohabitons tous en permanence avec des milliers, voire des millions de microorganismes de toutes sortes. La majorité d’entre eux ne présentent heureusement aucun danger pour l’humain. Cependant, il est impératif que nous nous intéressions davantage à la seconde catégorie. Nous faisons référence ici à ceux qui sont plus nocifs et qui pourraient compromettre la santé d’un être vivant.

 

Selon la classification des microorganismes, deux sous-groupes nous intéressent : les procaryotes et les eucaryotes. D’une part, les procaryotes regroupent notamment les bactéries. D’autre part, les eucaryotes comprennent, entre autres, les champignons et plus particulièrement les moisissures.

 

Nous entrons évidemment en contact de plusieurs façons avec ces microorganismes. Par contre, certaines études constatent que la voie par inhalation est la plus importante. En effet, la respiration de ces microorganismes serait responsable d’entre 65 % et 75 % des infections et allergies. Voici donc la raison pour laquelle l’assainissement et le nettoyage des conduits de ventilation représentent des éléments d’importance majeure en ce qui a trait à la santé des occupants.

 

 

MOISISSURES

Perceptible sous différentes couleurs, une colonie de moisissures est généralement reconnaissable par sa texture laineuse. C’est durant leur cycle reproducteur qu’elles produisent une quantité astronomique de microparticules diffuses et volatiles que l’on nomme spores. Le danger réside dans l’apparition d’un mouvement d’air qui les déplace. Cela leur donne, par le fait, même l’occasion de s’installer ailleurs et d’ainsi créer d’autres colonies de moisissures.

 

Il est donc logique de réfléchir au rôle et à l’impact que peut avoir un système de traitement d’air dans la prolifération des moisissures. Pensons simplement à un système requérant la présence d’eau pour assurer son bon fonctionnement. Par exemple, pour le refroidissement, le chauffage, la déshumidification ou l’humidification. De nombreux facteurs peuvent ainsi être déterminants pour la croissance de ces microorganismes.

 

 

Comment se développe la moisissure dans un système de ventilation?

 

  • Les filtres

moisissureSelon l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), le foisonnement microbien dans l’unité de filtration survient en majeure partie lorsque le remplacement des filtres n’est pas effectué selon les spécifications du manufacturier. Dans les situations les plus fréquentes, leur obstruction peut être reliée à un amoncellement important de poussières ou encore à la présence d’eau dans le système. Et qui dit eau dit occasion pour les spores fongiques de germer et de croître. Une fois installées dans les conduits, ces spores seront ensuite déplacées et circuleront dans l’air intérieur.

 

 

  • Le taux d’humidité

moisissureUne attention particulière doit notamment être portée à l’humidification de l’air. Selon l’ASHRAE, les risques de prolifération microbienne sont présents lorsque le taux d’humidité relative dans les endroits habités ou dans les conduits de ventilation à basse vitesse (<10 m/sec.) dépasse 70 %. En effet, à partir d’une humidité relative de 60-65 %, il y a un risque de germination. Inversement, la croissance de la moisissure ralentit aux environs de 30 % d’humidité relative. En ce qui concerne notre quotidien, pour être à l’aise et en santé, nous avons besoin de cette fameuse humidité. Cependant, là où le bât blesse, c’est lorsque la quantité fluctue en fonction de la température, ce qui peut favoriser la croissance de moisissures. Donc, plus l’air est chaud, plus il peut retenir de l’eau sous forme de vapeur créant ainsi le contexte parfait pour que la moisissure se forme.

 

 

  • Le niveau de température

moisissureEn ce qui a trait à la température, nous savons, l’air chaud peut retenir davantage d’humidité comparativement à l’air froid, de telle sorte que plus l’air ambiant d’une pièce se refroidit, plus l’humidité relative augmente.

 

Ce qu’il faut retenir c’est que, malheureusement, lorsque le niveau de température est confortable, cela crée un contexte plus que favorable à la croissance de ces microorganismes. À dire vrai, la plupart des espèces de moisissures s’accroissent dans une gamme de température approximative entre 10 et 42 °C (50 et 107 °F). En fait, la valeur idéale pour leur développement se situe entre 24 et 30 °C. Cela correspond généralement à au niveau de température moyenne à l’intérieur d’un bâtiment. Inversement, lorsque le thermomètre indique des données inférieures à 20 °C, la prolifération ralentit de façon négligeable jusqu’à ce que la température atteigne 0 °C. Résultat, pratiquement aucune réactions biochimiques ne sont provoquées. Bref, la prolifération de moisissures résultera principalement de l’interaction entre une forte humidité et une chaleur élevée.

 

Nous comprenons alors qu’en l’absence de l’un des trois éléments essentiels à sa croissance (filtration, humidité et température), la moisissure peut demeurer en phase végétative et croître rapidement lorsque les modalités seront rencontrées.

 

 

LES IMPACTS SUR LA SANTÉ

Qui plus est, la formation de moisissures à l’intérieur des systèmes CVAC peut potentiellement donner lieu à des problèmes de santé ou encore affecter gravement les personnes dont le système immunitaire est grandement affaibli. N’oublions pas cependant que la sensibilité à la moisissure varie d’un individu à l’autre. Ces dires sont d’ailleurs corroborés scientifiquement par Santé Canada, qui estime qu’un milieu présentant ces conditions expose ses occupants à un risque accru de problèmes respiratoires, tels que :

 

  • irritation des yeux, du nez et de la gorge;
  • problèmes de peau : rougeur, démangeaisons;
  • symptômes pseudo-grippaux (fièvre, frissons, nausées);
  • toux et mucosités;
  • respiration sifflante et essoufflement;
  • symptômes d’asthme;
  • autres réactions allergiques.

 

 

moisissure

Monsieur Yannick Douaire, représentant technique en assainissement de systèmes CVAC, en a d’ailleurs eu la preuve au début des années 2000 : « Ma première expérience avec un bâtiment aux prises avec de graves problèmes de moisissures provenait d’un client qui avait mandaté un chimiste pour faire faire des tests dans son bâtiment après certaines plaintes d’employés qui disaient avoir des irritations aux yeux, des maux de tête, etc. Le bâtiment était tellement contaminé que la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, la CNESST (CSST à l’époque) aurait fermé le bâtiment sans hésiter. Pour commencer, nous devions localiser la source de contamination, qui se situait finalement dans une gaine froide en aval du serpentin de refroidissement.

 

C’était assez impressionnant lorsque nous avons constaté qu’il n’y avait pas moins de 20 livres de galette de moisissures qui ont dû être extirpées de ce système. À la suite de cette opération, nous avons dû rester sur place plusieurs jours. L’objectif était de décontaminer l’ensemble du réseau de ventilation. À la fin, d’autres tests ont été faits pour s’assurer qu’il ne restait aucun contaminant dans le réseau de ventilation. Ce fut effectivement le cas. La preuve qu’une bonne décontamination peut être efficace si elle est faite de la bonne façon! »

 

 

Dans le prochain article, nous aborderons plus en détail tout ce qui entoure l’inspection des systèmes de traitement d’air dans un contexte de contamination fongique. Il sera donc question de la détection de ces microorganismes, des zones à risque ainsi que de la méthodologie de prélèvement et d’analyse en laboratoire.

 

 


Sources :

 



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