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Les mesures correctives à la suite de la détection de legionella dans une tour de refroidissement


Les mesures correctives à la suite de la détection de legionella dans une tour de refroidissement

Categorie(s) :   Climapresse   Nouvelles  


Par Christian Lebeau-Jacob

 

Pour satisfaire aux dispositions du règlement sur les installations de tour de refroidissement à l’eau, les propriétaires des quelque 1700 tours de refroidissements du Québec doivent, depuis 2014, répondre à plusieurs exigences concernant leurs installations (Décret 454-2014).

 


Ces nouvelles dispositions ont été mises de l’avant suivant l’apparition de cas de légionellose en 2012 dans la ville de Québec. L’éclosion avait alors causé 181 cas (déclarés), parmi lesquels 14 personnes ont perdu la vie. On avait alors, après plusieurs semaines d’enquête, fait le lien avec une tour de refroidissement du quartier Saint-Roch. L’incapacité des autorités à identifier rapidement la source de l’éclosion découlait en grande partie de l’absence totale d’information sur le parc de tours de refroidissement ainsi que du manque de contrôle entourant la gestion de celles-ci.

 

Depuis l’entrée en vigueur du règlement, les tours doivent notamment être enregistrées auprès de la Régie du bâtiment du Québec dans les 30 jours suivant leur mise en service, ainsi qu’au 1er mars de chaque année. Le propriétaire doit également se doter d’un programme d’entretien élaboré par un professionnel et ce programme doit contenir les mesures à appliquer afin de limiter autant que possible le développement des bactéries du genre Legionella.

 

Legionella pneumophila

2017-07-04-14_27_17-legionelle-climapresse_corrections-docx-wordLegionella pneumophila, l’agent causal principal de la légionellose, est une bactérie possédant des caractéristiques étonnantes. Elles sont présentes à peu près partout où il y a de l’eau; dans les lacs et rivières bien sûr, mais aussi dans les réseaux d’eau chaude, spa, fontaines décoratives, etc. Elles tolèrent des températures allant de 0°C à près de 70°C, des pH de 4 à 9.5 et elles ont une résistance appréciable aux traitements à plusieurs types de produits biocides, et ce, surtout lorsqu’elles évoluent dans un biofilm (pellicule de matière organique sécrétée par les bactéries). Ces bactéries possèdent aussi une capacité impressionnante de survie dans des milieux pauvres en nutriments pour des périodes prolongées. Elles peuvent ainsi attendre des semaines, voire des mois, que les conditions optimales se présentent pour entrer en phase de multiplication.

 

legionellaLors de la détection de legionella pneumophila (sous le seuil sanitaire) à l’aide des tests de routine, le premier réflexe est souvent d’augmenter momentanément la concentration de biocides afin de faire redescendre la concentration à un niveau acceptable, puis de revenir au mode d’entretien normal. Cependant, l’impossibilité de maintenir une population de légionelles à un niveau acceptable avec des concentrations de biocides jugées suffisantes est signe que certains facteurs ne permettent pas aux biocides de faire leur travail. Les conditions favorisant la croissance de la population de légionelles dans un réseau de tours d’eau incluent : l’accumulation de matière organique et autres sédiments, la corrosion et l’entartrage, la présence de certains autres micro-organismes et de biofilms ainsi que la présence d’eau stagnante.

L’augmentation momentanée de biocide ne devrait donc pas être perçue comme une solution corrective, mais bien comme un pansement permettant un retour à des niveaux acceptables pendant la mise en place de mesures correctives. Ce cheminement est d’ailleurs aussi requis par la réglementation en vigueur.

 

À l’article 417 du décret, on précise que :

 

Lorsque le résultat de l’analyse indique une concentration en legionella pneumophila qui est égale ou supérieure à 10 000 UFC/L mais qui est inférieure à 1 000 000 UFC/L, le propriétaire de l’installation de tour de refroidissement à l’eau doit :

  1. identifier les causes de l’augmentation de la concentration en legionella pneumophila;
  2. appliquer des mesures correctives;
  3. vérifier l’efficacité des mesures correctives.

 

Cette disposition, bien que parfois négligée, est l’une des plus importantes du règlement. Cette procédure permet de déceler et corriger un à un les problèmes mécaniques, de raffiner les procédures de maintien de qualité de l’eau et d’améliorer la gestion hydraulique afin de maintenir un risque d’éclosion aussi faible que possible. Chaque réseau étant unique, les solutions à adopter diffèrent d’un endroit à un autre. Toutefois, le suivi systématique de ce principe permet, à long terme, d’atteindre une meilleure stabilité des paramètres de l’eau se traduisant par des économies en temps et en produits chimiques, une prolongation de la vie utile des composantes ainsi qu’une réduction de l’empreinte écologique.

 

 


Christian Lebeau-Jabob, M.Sc., Mcb.A.

Directeur, Microbiologiste en chef

Lab’eau Air Sol



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