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Le commissioning des systèmes de réfrigération pour aréna, épicerie et systèmes industriels : Pourquoi?


Le commissioning des systèmes de réfrigération pour aréna, épicerie et systèmes industriels : Pourquoi?

Categorie(s) :   Climapresse  


Par Louis Vincent et Benoit Beauchamps

 

De façon usuelle, lors de l’initiation d’un projet pour fin de production de froid, la procédure du marché fait que les professionnels de la réfrigération soumettront à un client un projet clé en main afin de remplir ses besoins. L’une des problématiques régulièrement vécues par les donneurs d’ordres est simple : ils ne connaissent pas nécessairement la complexité de leurs besoins de façon détaillée et ne possèdent pas les connaissances afin de bien comprendre et discerner les nuances entre les différentes propositions des spécialistes/frigoristes.

 

 


Dans un monde idéal, le client devrait être en mesure d’établir un programme fonctionnel et technique afin d’établir les bases sur lesquelles les entrepreneurs soumissionnaires en réfrigération soumettront leur proposition. Malheureusement, dans plusieurs situations, le client ne possède pas les ressources et compétences afin de bien définir ses besoins et s’en remet aux entrepreneurs en réfrigération afin de les identifier et de les considérer dans leurs propositions. Ce faisant, la comparaison des propositions en fonction de la compréhension des besoins par chaque entrepreneur n’est pas une mince tâche et, dans certains cas, s’avère pratiquement irréaliste à effectuer.

 

La mise en service ou commissioning (Cx)

D’origine navale, ce processus d’assurance qualité permet aux clients d’obtenir une équipe, généralement externe au processus de conception et d’installation, qui les accompagne et les conseille de la conception à l’opération en passant par l’installation des systèmes. En considérant le nombre de spécialités concernées de près par la conception, l’installation et l’opération des systèmes de réfrigération (réfrigération, régulation, ventilation, plomberie et électricité), il s’agit d’un processus d’assurance qualité de première importance.

 

 

Les principales étapes d’un processus de mise en service

Étape 1

Le processus devrait débuter par l’analyse des propositions des différents soumissionnaires par l’agent de mise en service (AMES), suivie d’entrevues explicatives avec les soumissionnaires. De cette façon, l’AMES établira les différences et similitudes des propositions et questionnera chaque entreprise soumissionnaire en lien avec sa vision et le concept proposé. L’AMES utilisera des outils de comparaison des solutions proposées basés non seulement sur les coûts d’investissement, mais également sur les coûts énergétiques d’entretien et les valeurs résiduelles.

Lors de ce processus, des éléments complémentaires ou optionnels peuvent également être envisagés par l’AMES afin d’optimiser le procédé de façon globale. Un coût d’investissement moindre ne signifie pas nécessairement un projet globalement plus performant. L’AMES déterminera également les exigences afin de mettre en place un processus de suivi de la performance des systèmes proposés. Ce suivi permettra de mesurer et comparer la performance réelle des systèmes en opération avec la performance prévue ou calculée. Le suivi servira également à optimiser les systèmes et les séquences afin de minimiser les coûts énergétiques.

Étape 2

La seconde étape consiste, bien évidemment, à sélectionner la bonne équipe et le bon projet. À partir de ce moment, l’AMES collaborera avec l’équipe d’installation afin de bien expliquer les procédures à suivre pour appliquer le plan de mise en service (MES). Le plan de MES, élaboré préalablement, établit les étapes essentielles du processus d’assurance qualité en ce qui a trait aux méthodes de communications, aux réunions de démarrage et de coordination, à la documentation, aux étapes de mise en service et de vérification ainsi qu’aux besoins en formation.

Étape 3

Lors de la troisième étape, l’AMES coordonne et supervise de façon méthodique la mise en service des systèmes. Ceci inclut des vérifications statiques, dynamiques, préfonctionnelles et fonctionnelles. Le tout, bien évidemment, est documenté et validé par chacun des entrepreneurs spécialisés. C’est souvent à cette étape que l’expertise de l’AMES entre en jeu. Cette préparation, qui peut paraître trop détaillée pour des installateurs expérimentés, permet une harmonisation du travail de l’équipe de projet, une diminution des erreurs sur le chantier, une identification précoce des problématiques et des déficiences potentielles ainsi qu’une optimisation du respect des échéanciers. Tout au long des interventions de l’AMES, le client est sollicité afin de valider les éléments problématiques et permettre aux professionnels d’intervenir sur le champ lors de l’installation, du démarrage et des essais des systèmes. Ces interventions seront assurément bénéfiques pour un client inscrit à des programmes de subventions basés sur la performance.

Étape 4

La quatrième et dernière étape, le suivi postconstruction, consiste en des vérifications continuelles et saisonnières de l’opération des systèmes afin de détecter des anomalies et possibilités d’optimisation. L’AMES recommandera des modifications aux séquences d’opération et proposera des améliorations opérationnelles afin que les systèmes fonctionnent de façon optimale. L’AMES remettra ensuite au client un rapport de conformité de la mise en service incluant la phase de suivi ainsi qu’une liste de déficiences pouvant être corrigées avant la fin de la période de garantie des entrepreneurs.

 

Voici, à titre d’exemples, trois situations détectées et corrigées par l’AMES à différentes étapes de la mise en service.

 

Modification de l’impulseur d’une pompe

  • Après la mise en fonction, le débit de réfrigérant secondaire était plus élevé que requis. La solution de l’entrepreneur consistait à fermer une valve à la décharge de la pompe afin d’obtenir le débit requis. À la suite des vérifications et calculs de l’AMES, cette situation a été optimisée par une réduction de l’impulseur de la pompe permettant de générer des économies substantielles sur la consommation électrique et la réduction de la charge de réfrigération. Investissement de 3300$, économies de 8 400$, PRI de 0,4 an.

 

Changement du raccordement d’un récupérateur de chaleur 

  • Lors de la surveillance de l’installation, l’AMES détecte que le récupérateur de chaleur a été raccordé en sens co-courant plutôt que contre-courant, résultant en des pertes de performance de 25%.

 

Modification du principe de récupération de chaleur 

  • À la suite de surveillances et de la vérification d‘optimisation de l’opération des systèmes, l’AMES évalue que des modifications sur les raccordements et les séquences d’opération du concept de récupération de chaleur permettrait d’augmenter l’énergie récupérée. Investissement de 34 000$, économies de 16 000$, PRI de 2,1 ans.

 

À priori, la tendance est souvent de croire que tous les projets sont ainsi conçus. Il est assurément confirmé que tel n’est pas le cas. Le bénéficiaire principal de ce processus est bien évidemment le client mais, dans l’équation, tous y gagnent.


 

commissioning

Louis Vincent, Président

commissioning

Benoit Beauchamps ing. Ph.D, CEM, PCMV

 

 

 

 

 

 

 

Système Énergie TST Inc.

www.tst-inc.ca

 



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