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Centre hospitalier Universitaire de Montréal – Projet de dépassement


Centre hospitalier Universitaire de Montréal – Projet de dépassement

Categorie(s) :   Climapresse  



*** ERRATUM ***
Suite à la parution de l’édition janvier-février 2018 du magazine le Climapresse, nous tenons à rectifier une erreur qui s’est glissée à l’intérieur de celui-ci. Les images qui apparaissent en page couverture et dans le sommaire de la revue imprimée présentent le Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) alors que nous aurions dû voir le bâtiment du Centre hospitalier Universitaire de Montréal (CHUM). C’est sur ce dernier (le CHUM) que l’organisation au cœur cet article, Les entreprises de réfrigération LS, a travaillé et non sur le CRCHUM. La Corporation présente encore une fois toutes ces excuses et tient à préciser que les modifications nécessaires ont été apportées à l’ensemble des documents électroniques.


 
 
C’est après plus de quatre années sur la scène de l’un des plus importants centres hospitaliers en Amérique du Nord que se conclut avec succès le contrat de construction unissant CSM1 et Les entreprises de réfrigération LS.

 

 


 

Le mandat le plus important

Cette aventure a débuté alors même que les structures de béton n’étaient qu’à peine sorties de terre, en décembre 2012. Les entreprises de réfrigération LS venaient à ce moment de se voir confier l’un des plus importants mandats de leur histoire : installer un système permettant d’assurer un environnement à 100% d’air neuf au sein du plus grand centre hospitalier universitaire francophone en Amérique du Nord, le CHUM. Totalisant près de cinquante millions de dollars, un tel projet composé de plusieurs lots n’avait, jusqu’alors, jamais été réalisé.

 

 

CHUM – Un projet unique en son genre

CHUMRapatriant sous un même toit les équipes, les patients et les visiteurs de l’Hôtel-Dieu, de l’Hôpital Notre-Dame et de l’Hôpital Saint-Luc, le CHUM est aujourd’hui le seul hôpital2 à offrir un environnement à 100% d’air neuf, une innovation permettant de contrer efficacement la propagation des infections.

 

Pour ce faire, quarante et une centrales de traitement de l’air ont dû être installées afin d’assurer un renouvellement d’air en continu à l’intérieur de l’hôpital. Cette procédure consiste à rejeter l’air à l’extérieur, une fois traité et distribué, sans être recyclé3.

 

Le patient étant au cœur de cet immense projet, Les entreprises de réfrigération LS se sont assurées d’un maintien constant de la qualité de l’air en dédoublant les principaux systèmes, permettant ainsi une relève en cas de panne ou de bris.
 
 
 
 
 
 

Un défi d’ampleur

C’est au début de l’année 2013 que s’est amorcé cet ambitieux projet du CHUM, par la construction du lot 1 comprenant quatre sous-sols et cinq étages du bloc D.

Au cours des trois années qui suivirent, Les entreprises de réfrigération LS se firent également confier la responsabilité :

  • des étages 3 à 5 du lot 2B du bloc D,
  • des étages 8 à 19 du lot 4 et le lot 5 du bloc D,
  • l’ensemble du bloc A, incluant les 2 salles mécaniques et les 12 étages.

 

 

La clé de la réussite

Tous les entrepreneurs vous le diront, la main-d’œuvre est la clé de la réussite d’un tel contrat. Daniel Valiquette, directeur de projets en ventilation et associé chez Les entreprises de réfrigération LS le confirme:

 

«Tout au long du projet du CHUM, la main-d’œuvre a été très importante pour atteindre les objectifs temps et budget dans la réalisation des mandats. Au sommet du projet, l’équipe était formée de plus de 175 leaders4. La cohésion entre les différentes ressources était alors essentielle pour assurer une qualité et une productivité dans la réalisation des mandats de 6 lots qui évoluaient en même temps. »

 

 

Une logistique minutieusement planifiée

Implanté au cœur de l’un des quadrilatères centraux de Montréal, soit au coin des rues Viger, René-Lévesque, Saint-Denis et Sanguinet, le chantier pouvait contenir simultanément cinq à six grues à tour et plus de 2500 travailleurs. Par conséquent, la planification des travaux en superposition et l’élaboration de plans de travail pour chaque action inhabituelle se sont avérées essentielles afin d’assurer la sécurité des travailleurs.

 

Un projet d’une telle ampleur, malgré une logistique minutieusement planifiée, ne se fait pas sans heurt. La barrière de la langue, les problèmes de communication interne et la température ne sont que quelques exemples des éléments ayant contribué à complexifier ce projet unique.
 
 

Au cœur des opérations 

Ironiquement, l’emplacement et la température se sont avérés être l’un des principaux enjeux en matière de gestion de temps. En effet, un projet de cette envergure au centre-ville de Montréal demande un haut niveau de logistique pour une simple livraison.

 

«Nous devions faire une réservation, par l’entremise d’un logiciel nommé Système Juggler, en précisant l’heure exacte de l’arrivée du camion de marchandises. Si ce délai n’était pas scrupuleusement respecté, notre livraison était annulée. Comme nous étions évidemment plusieurs à travailler sur le chantier du CHUM, nous devions nous assurer d’une bonne coordination entre les différents intervenants. Par exemple, nous devions réserver les monte-charges à l’intérieur, tout en spécifiant l’étage desservi », raconte Richard Henri, surintendant général au chantier.

 

 

Une complexité colossale

Dans un tel projet, les travaux de coordination se prolongent même jusque dans les bureaux. Chez Les entreprises de réfrigération LS, la coordination des dessins s’est avérée, en raison de leur complexité, un défi de taille.

 

CHUM

L’importance de la coordination lorsque la mécanique est très compressée dans les plafonds

Les mises à jour des plans se faisaient à partir du logiciel nommé Aconex et étaient adressées à tous les intervenants du projet. Nous devions alors filtrer l’ensemble des plans, vérifier chacun des changements, télécharger et classer les documents, les imprimer puis les distribuer aux dessinateurs concernés. Au plus fort du projet, l’équipe comptait plus de 17 dessinateurs internes et externes. Les entreprises de réfrigération LS étaient responsables de l’intégration de tous les plans des sous-traitants, ce qui nécessitait une excellente coordination à cause des difficultés dues au manque d’espace dans les entre-plafonds pour l’exécution des travaux.

 

Sur un chantier comme le CHUM, plus de 1500 changements ont été effectués par différents dessinateurs. La mise à jour des plans pouvait donc parfois prendre une ampleur et une complexité colossales.

 

 

Minimiser les risques d’erreurs

Afin de minimiser les erreurs sur le chantier du CHUM, Les entreprises de réfrigération LS ont mis en place une équipe d’experts attitrée à la qualité et au contrôle. Cette dernière avait la responsabilité de valider chaque équipement livré au chantier, de s’assurer de la conformité à la commande ainsi qu’aux devis et de confirmer les quantités et les dimensions à l’aide de photos et de rapports déposés dans un logiciel du nom de Latista.

 

Lorsque les installations sur le chantier étaient terminées, les conduits de ventilation en amont des boîtes VAV étaient soumis à des tests de pression. Plus de 650 tests de pression, tous les lots confondus, ont été effectués par une firme indépendante, l’entreprise Caltech.

 

Durant les sommets marquants du mandat, l’équipe de contrôle et de qualité des entreprises de réfrigération LS était composée de 13 personnes ayant pour responsabilité d’inspecter les installations des conduits, les équipements, chacun des volets coupe-feu dynamiques et plus de 7300 boîtes à volume variable. Elle devait prendre deux photos de chacune des boîtes, valider si ces dernières respectaient le tableau et consigner les rapports dans le logiciel de gestion Latista avec l’aide d’une tablette électronique.

 

 

Exemples de projets

 

Le Laboratoire de confinement de niveau 3 (NC3)

 

CHUM

Système de filtration type Bag-in/ Bag-out

Ce laboratoire est d’une grandeur de près de 122 mètres carrés (1322 pieds carrés) en comparaison des environ 268 000 mètres carrés (2 884 728 pieds carrés) du projet en entier. De manière imagée, ce laboratoire est une goutte d’eau dans l’océan, d’où la complexité de la tâche. L’une des difficultés rencontrées fut d’obtenir des conduits de ventilation 100% étanches, soit un taux d’acceptation de fuites inférieur à 0,1%. Autrement dit, aucune fuite d’air n’était permise.

 

CHUM

Valves venturi isolée par des volets d’isolement (bubble tigh dampers)

CHUM

Conduit d’évacuation 100% étanche

On devait composer avec un puits de ventilation constitué de neuf conduits ronds en acier inoxydable 304 circulant du niveau 6 jusqu’au niveau 9, où se situait la salle mécanique dans laquelle se terminait le système de filtration de type Bag-in, Bag-out. Afin de réussir les tests d’étanchéité, les conduits ont été préfabriqués en usine, permettant ainsi de les faire évaluer préalablement par un expert indépendant, le Laboratoire CLEB.

 

 

 

L’imagerie par résonance magnétique (IRM)

 

CHUM

Installation de 2 conduits soudés avec structure pour le quench niveau 3, bloc D

L’imagerie par résonance magnétique est un examen qui utilise un champ magnétique et des radiofréquences. L’aimant animant ce processus consiste en une cuve remplie d’hélium liquide, un gaz utilisé pour refroidir sous les dix kelvins les bobines magnétiques dans le scanneur IRM.

 

En cas de problème majeur, l’évacuation du gaz se fait rapidement dans le cadre d’un processus communément appelé Quench. Ce processus a alors pour but de créer un passage brutal de l’hélium liquide à l’état gazeux. L’hélium gazeux ainsi produit doit se diriger vers l’extérieur des locaux grâce à un conduit situé au-dessus du champ magnétique. Si cette évacuation ne se fait pas correctement, l’hélium gazeux s’échappera dans la salle d’examen et causera pour le patient dans le tunnel un risque d’asphyxie et de brûlures importantes par le froid ainsi qu’un confinement de la salle.

 

 

CHUM

              Évacuateur de dilution installé à l’intérieur

Considérant l’importance du risque et le fait que certains conduits circulent sur plusieurs étages, le système de conduits en acier inoxydable de 16 pouces de diamètre fut mis sous essai à une pression de 72 PSI. Pour contrer un autre danger advenant une perte de gaz, il a été nécessaire d’installer des joints de dilatation entre chacun des coudes. Il faut comprendre que la température de l’hélium en déchargement atteint une température subarctique qui fait en sorte que les conduits se contractent. Si ces derniers devaient se rétrécir de façon importante, on peut s’imaginer les dommages qui en résulteraient. La force demandée pour l’action de ces conduits sur la colonne verticale est de 162 k/N.

 
 
 
 
 

Salle mécanique au 9e étage du BLOC «A»

CHUMCe projet consistait en l’installation de quatre unités modulaires de 60 000 CFM chacune, mesurant 17 mètres (57 pieds) de long, combinée à deux modules d’une hauteur totalisant 6 mètres (22 pieds). Il était impossible d’installer les unités de manière conventionnelle, car la structure du toit n’était pas assez forte pour permettre la suspension temporaire des modules du haut avec des chaînes block.
 

L’ingénieur en structure permettait une charge maximale par suspente fixée à une poutrelle du toit de 1.5 kN (150 kg). L’option des chariots élévateurs avait également dû être éliminée compte tenu de l’espace insuffisant entre les murs et les unités.
 
En collaboration avec le Groupe Lipari, il a été décidé qu’un plancher serait installé sur les modules du bas des 4 unités avec des rampes qui relieraient chaque unité. Une ouverture au toit avait été prévue à côté des unités modulaires pour hisser chacun des modules. Un conteneur a été installé directement sous l’ouverture afin d’être à la même hauteur que les modules du bas déjà en place.
 
 
CHUM CHUM CHUM

Les modules du haut ont été glissés avec des patins sur les rampes installées sur les modules du bas pour s’assurer de la sécurité des ferblantiers et ainsi permettre aux unités de s’installer les unes à côté des autres sans ajouter, comme demandé, un poids temporaire sur la structure.
 
 
 
 
 


Le lien suivant présente une vidéo en accélérée de cette installation filmée avec une Go Pro :
 
 

 


 

Le bilan

Nouveau CHUMAmorcé en 2013 et terminé en 2017, le CHUM a été, sans aucun doute, le plus grand projet réalisé par Les entreprises de réfrigération LS. Six mots importants ont résonné au cours de ces quatre années chez LS :

 

  1. Leadership;
  2. Logistique;
  3. Coopération;
  4. Rigueur;
  5. Innovation;
  6. Excellence.

 
 
L’envergure de cette réalisation a permis à l’entreprise d’évoluer, mais a également fait grandir professionnellement chacun des employés. Sur le chantier ou dans les bureaux, ce projet a contribué à resserrer les liens entre collègues, à élever le niveau d’excellence et à motiver les équipes pour les années à venir.

 


 

  1. CSM : Abréviation pour l’appellation Construction Santé Montréal. (Source)
  2. En Amérique du Nord (Source)
  3. Source : CHUM
  4. L’équipe était formée de : 1 directeur de projet, 2 chargés de projets, 1 comptable, 17 dessinateurs, 3 adjointes, 1 estimateur pour les changements, 1 surintendant, 6 contremaîtres, 120 ferblantiers, 13 spécialistes en contrôle de qualité, 1 magasinier, 3 personnes aux préparations des commandes et livraisons.


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