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Cetaf | Corporation des entreprises de traitement de l’air et du froid

La contamination fongique dans les conduits de ventilation


La contamination fongique dans les conduits de ventilation

Categorie(s) :   Climapresse  


 

par Christian L. Jacob, M.Sc., Mcb.A

Microbiologiste en chef – Lab’EauAirSol

 

 

Les moisissures sont un groupe de champignons microscopiques spécialisés dans la dégradation de la matière organique en des composantes plus simples. Ce sont, en quelque sorte, des recycleurs naturels. Néanmoins, en raison de la nature des matériaux de construction utilisés (souvent dérivés du bois) et en présence d’une quantité d’humidité suffisante, les moisissures n’ont aucune difficulté à proliférer dans nos bâtiments. Le dépôt de matières organiques sous forme de fragments de peaux, de pollen ou autres constituants de la poussière domestique sur des surfaces inertes tels que le béton, le métal ou les isolants à base de fibre de verre peut également être suffisant pour soutenir la croissance fongique.

 

 


 

Difficultés associées à la prolifération fongique

 

Sachant que l’on dénombre dans l’air extérieur plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de spores par mètre cube selon la localisation et les conditions météorologiques, on pourrait penser que la prolifération fongique à l’intérieur d’un bâtiment ne devrait poser aucun problème de santé particulier. Cependant, les études sur le sujet tendent à démontrer qu’en plus du nombre total de particules fongiques, la diversité et le type de spores auquel nous sommes exposés sont aussi reliés à l’apparition de symptômes associés à des troubles de type allergique.

 

La relation de cause à effet de la présence de moisissures et de problèmes de santé tels que la rhinite allergique ou l’asthme demeure complexe. Toutefois, il est globalement reconnu que la présence d’une quantité excessive de particules fongiques dans l’air intérieur peut entraîner des problèmes respiratoires chez les individus sensibles. L’importance des symptômes est fonction de la susceptibilité de chaque individu, de la quantité et de la taille des particules fongiques ainsi que de leur nature.

 

fongique

Gélose nutritive contenant plusieurs colonies de moisissures provenant d’un échantillon de poussière.

En permettant l’admission d’air neuf, la ventilation joue un rôle central dans le contrôle de plusieurs paramètres de la qualité de l’air intérieur, dont la concentration de CO2, de composés organiques volatils ainsi que de bioaérosols tels que les moisissures, levures et bactéries. Les systèmes de ventilation peuvent cependant aussi être une source de problème lorsque mal entretenus ou mal conçus. Étant un élément central, la prolifération fongique dans un système de ventilation peut potentiellement causer des problèmes de qualité de l’air généralisés à l’entièreté du bâtiment. Il est également capital de protéger le système durant tous travaux générant de la poussière de façon significative, surtout s’il s’agit de travaux de décontamination fongique ou d’enlèvement d’amiante.

La propreté d’un système de ventilation peut être déterminée par plusieurs méthodes. L’inspection visuelle demeure toutefois incontournable. L’article 104 du règlement sur la santé-sécurité au travail (c. S-2.1, r.19.01) précise que :

« tout système de ventilation mécanique doit être inspecté et réglé au moins une fois par année, et les filtres entretenus ou remplacés au besoin ».

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Méthodes d’évaluation de la propreté des systèmes

 

Au-delà des inspections visuelles, la majorité des méthodes d’évaluation de la propreté des systèmes de ventilation peuvent être divisées en deux types, soit les méthodes ayant pour but de quantifier l’accumulation de poussières et celles visant à quantifier les micro-organismes présents dans les conduits.

 

Par exemple, la méthode NADCA (National Air Duct Cleaners Association) de quantification de la poussière consiste à recueillir un échantillon de poussière sur une surface totale de 100 cm2 à l’aide d’une cassette munie d’un filtre prépesé ayant des pores de 0.8μm. On détermine ensuite le poids de la poussière récupérée et on considère qu’un conduit doit être nettoyé si le niveau d’empoussièrement est supérieur à la norme établie. Au Québec, l’IRSST (Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en Sécurité du travail) propose une méthode similaire avec un dispositif d’échantillonnage amélioré limitant la perte de poussière lors des manipulations.

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Quantification de la charge fongique

 

En ce qui a trait à la quantification de la charge fongique dans les conduits de ventilations, différentes options sont disponibles. Dans le cas où un échantillonnage fongique est requis, l’IRSST suggère un échantillonnage d’air à l’aide d’un impacteur Anderson (ou version modifiée N-6) tel que décrit dans leur méthode normalisée (Méthode IRSST 264). La méthode consiste à impacter les spores contenues dans l’air sur un milieu nutritif gélosé. Le milieu de culture est ensuite simplement incubé 7 jours à 25°C puis les colonies fongiques sont dénombrées et identifiées.

 

fongique

Gros plan sur une colonie d’Aspergillus niger (en noir) et de Penicillum sp. (en vert), deux moisissures communes de l’air extérieur.

En échantillonnant et en comparant l’air sortant du système de ventilation à celle de la prise d’air extérieur, on établit si une source de contamination dans le système semble présente. Certaines espèces de moisissures sont aussi de bons marqueurs de présence de taux élevé d’humidité. Par exemple, la présence de Chaetomium globosum ou Stachybotrys chartarum, deux espèces rarement rencontrées dans l’air extérieur, nécessitant des taux d’humidité relative supérieurs à 90% et n’étant pas facilement aéroportées, suggère qu’il y ait prolifération fongique à l’intérieur du bâtiment.

 

Une autre approche consiste en un prélèvement de poussière de façon similaire à celle décrite précédemment. La poussière est ensuite diluée puis étalée sur des géloses nutritives. Après incubation, on dénombre et identifie les contaminants. La charge fongique peut être rapportée par unité de surface (m2) et/ou par gramme de poussière.

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Norme en Amérique du Nord

 

Il n’existe aucune norme en Amérique du Nord reliée à l’exposition aux bioaérosols. Toutefois, les problèmes reliés aux moisissures dans les bâtiments sont fréquents et un bon programme d’inspection et de maintien des systèmes de ventilations qui prennent en compte de limiter la production et/ou la dispersion des bioaérosols représente un outil de prévention incontournable.

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Christian L. Jacob, M.Sc., Mcb.A

Microbiologiste en chef – Lab’EauAirSol



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